Sécheresse en Gironde : remplissage des piscines interdit dans 16 bassins, ce qu'il faut savoir
Depuis l'arrêté préfectoral du 16 juillet 2026, le remplissage des piscines privées est interdit dans les bassins versants girondins placés en alerte renforcée, dont les côtiers est du Bassin d'Arcachon. Seules la remise à niveau et la mise en eau des chantiers commencés avant les restrictions restent possibles, et rien n'est permis en crise. Les mesures ont évolué jusqu'en octobre : voici ce que les piscinistes doivent vérifier avant chaque intervention.
Par Theo Denis, 2vanture. Publié le , 5 min de lecture. Concerne les piscinistes.
Ce que prévoyait l'arrêté du 16 juillet 2026
La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a signé le 16 juillet 2026 un arrêté de restriction des usages de l'eau, applicable dès le 17 juillet. Il faisait suite à un premier arrêté du 6 juillet qui avait déjà placé quatre bassins versants en crise : Virvée-Moron, Fongaband-Langrane, Lidoire et Barbanne-Lavié-Palais.
Le texte du 16 juillet faisait passer douze bassins versants en alerte renforcée : Chenal du Gua, Canal des Étangs, Jalle de Castelnau, Laurina, Jalle de Blanquefort, Côtiers Est du Bassin d'Arcachon, Bassanne-Brion-Beuve, Lisos, Gaillardon-Euille, Pimpinne, Laurence et Livenne. Quatre autres y étaient maintenus (Gravouse-Seignal, Andouille, Engranne-Canaudonne, Gamage-Escouach). La Vignague redescendait en alerte, Saye-Meudon-Lary y restait. La presse a parlé de « treize bassins » ; le communiqué de la préfecture en nomme douze nouveaux, plus quatre maintenus, soit seize au total en alerte renforcée.
Dans tous ces secteurs, le remplissage des piscines publiques et privées était interdit, sauf exceptions prévues par l'arrêté. Les mêmes zones interdisaient l'arrosage des pelouses et jardins, l'arrosage des potagers entre 8 h et 20 h et le lavage des véhicules chez les particuliers.
Les exceptions qui concernent directement le pisciniste
Deux cas restaient autorisés en alerte et en alerte renforcée, selon les arrêtés girondins de l'été :
- La remise à niveau d'un bassin existant, pour compenser l'évaporation et le lavage des filtres.
- Le premier remplissage d'une piscine neuve, à condition que le chantier ait démarré avant les premières restrictions.
Ces exceptions reprennent la logique du guide national sécheresse du ministère de la Transition écologique, qui limite le premier remplissage à la mise en eau des nouvelles constructions enterrées dont le chantier avait commencé avant les restrictions. La raison est technique : une coque ou une structure laissée vide sur un terrain humide risque de se déformer ou de remonter.
En crise, le niveau le plus élevé, ces exceptions disparaissent : le remplissage des piscines publiques et privées est purement interdit. Pour une demande de dérogation individuelle, le projet d'arrêté-cadre girondin prévoit de s'adresser au service police de l'eau de la DDTM, après avis du gestionnaire d'eau potable. Elle reste exceptionnelle.
Un été et un automne de restrictions qui ont évolué
La situation n'est pas restée figée. Les arrêtés se sont succédé tout l'été et jusqu'en octobre, au rythme des débits des rivières et des épisodes de chaleur, dont une canicule du 8 au 14 août.
| Date de l'arrêté | Côtiers Est du Bassin d'Arcachon | Ce qui change ailleurs |
|---|---|---|
| 6 juillet 2026 | non concerné par la crise | 4 bassins en crise dans l'est du département |
| 16 juillet 2026 | alerte renforcée | 12 bassins passent en alerte renforcée |
| 1er septembre 2026 | alerte renforcée | Chenal du Gua et Laurina passent en crise ; Canal des Étangs et Lisos redescendent en alerte renforcée |
| 16 septembre 2026 | alerte renforcée | 7 bassins en crise, dont Gravouse-Seignal et Saye-Meudon-Lary |
| Arrêté d'octobre 2026 (n° SEN/2026/10/09-750) | allégé et ramené en alerte renforcée | 6 bassins toujours en crise, dont Laurina-Jalle de Ludon |
Le dernier arrêté connu, relayé le 15 octobre par la commune de Laruscade, ramène les Côtiers Est du Bassin d'Arcachon et Saye-Meudon-Lary en alerte renforcée, ce qui indique que ces secteurs avaient été durcis entre mi-septembre et début octobre. Dans ces deux zones, le remplissage reste interdit, avec les exceptions de la remise à niveau et du premier remplissage pour les chantiers commencés avant les restrictions. À la date de cet article, l'eau potable issue des nappes profondes n'est pas restreinte, mais tout le département reste en vigilance.
Le bassin versant des Côtiers Est couvre la rive est du Bassin d'Arcachon ; sa station de référence, le ruisseau du Milieu, est implantée à Audenge. Ses limites exactes se vérifient adresse par adresse sur VigiEau.
Quelles sanctions pour le client, et quel risque pour l'entreprise ?
Le non-respect d'un arrêté de restriction relève d'une contravention de cinquième classe, en application de l'article R. 216-9 du Code de l'environnement, auquel renvoie l'arrêté-cadre girondin. Service-public.fr indique une amende pouvant atteindre 1 500 euros pour un particulier, et 3 000 euros en cas de récidive. La préfecture avait annoncé des contrôles renforcés dans les zones restreintes.
Pour l'entreprise, le risque est d'abord commercial. Un pisciniste qui vient remplir une piscine en citerne ou au réseau dans une zone interdite engage la responsabilité de son client et la sienne. Mieux vaut refuser une intervention et l'expliquer par écrit que de se retrouver associé à une verbalisation.
Que faire avant d'intervenir chez un client
- Vérifier l'adresse sur VigiEau. La plateforme vigieau.gouv.fr affiche le niveau de restriction de chaque adresse et permet de s'abonner aux alertes par courriel. C'est le réflexe à avoir avant chaque mise en eau, chaque vidange et chaque remise à niveau importante.
- Lire l'arrêté en vigueur. Les arrêtés sont publiés sur le site des services de l'État en Gironde. Les mesures détaillées figurent dans l'arrêté-cadre départemental et dans les trois arrêtés-cadres interdépartementaux (Dordogne, Garonne, Dropt).
- Dater le démarrage de chaque chantier. Ordre de service signé, photos du terrassement, facture d'acompte : en cas de contrôle, il faut pouvoir prouver que le chantier a commencé avant les premières restrictions.
- Reporter les vidanges. Une vidange impose un remplissage. En période d'étiage, mieux vaut traiter l'eau, changer le média filtrant ou réaliser une réparation sous l'eau.
- Proposer couverture et recherche de fuite. Une couverture évite jusqu'à 95 % de l'évaporation selon la FPP. Moins d'évaporation, c'est moins de remises à niveau, et donc moins d'exposition aux restrictions.
- Prévenir vos clients en zone sensible dès le printemps. Un courriel ou un SMS en avril ou mai pour rappeler de remplir avant l'été évite les appels paniqués de juillet.
Ce que la profession conseille pour les prochaines saisons
La FPP recommande de démarrer les chantiers le plus tôt possible et de concentrer les constructions sur l'hiver et le printemps, en gardant l'été pour l'entretien et le service. Elle rappelle aussi qu'une piscine enterrée de 4 x 8 m en hivernage actif ne consomme qu'environ 7 m³ d'eau par an, contre une baisse d'environ un tiers du volume en hivernage passif. Proposer l'hivernage actif aux clients du Bassin et du Médoc, c'est leur éviter un gros complément d'eau au printemps, au moment où les premiers arrêtés peuvent tomber.
Dans les Landes voisines, le département figurait lui aussi parmi ceux qui comptaient des secteurs en crise début septembre 2026, selon le recensement publié par Réussir. Les piscinistes qui travaillent des deux côtés de la limite départementale doivent donc suivre deux séries d'arrêtés.
Questions fréquentes
Un client peut-il compléter le niveau de sa piscine en alerte renforcée en Gironde ?
Oui, la remise à niveau faisait partie des exceptions prévues par les arrêtés girondins de 2026 en alerte et en alerte renforcée. En crise, elle est interdite. Le niveau applicable à l'adresse se vérifie sur VigiEau.
Une piscine neuve peut-elle être mise en eau pendant les restrictions ?
Seulement si le chantier a commencé avant les premières restrictions, et uniquement en alerte ou en alerte renforcée. En crise, aucune mise en eau n'est permise sauf dérogation individuelle demandée à la DDTM, qui reste exceptionnelle.
Remplir avec une citerne livrée par camion échappe-t-il à l'interdiction ?
Les arrêtés girondins interdisent le remplissage sans distinguer l'origine de l'eau dans les extraits publiés. Avant toute intervention, il faut lire l'arrêté en vigueur ou interroger la DDTM, car les sanctions s'appliquent au propriétaire.
Quelle amende risque un particulier qui remplit sa piscine malgré l'interdiction ?
Selon Service-public.fr, jusqu'à 1 500 euros pour un particulier, et 3 000 euros en cas de récidive. Il s'agit d'une contravention de cinquième classe prévue par le Code de l'environnement.
- Préfecture de la Gironde, communiqué sur l'adaptation des restrictions des usages de l'eau, juillet 2026
- Info.fr, Gironde, nouvelles restrictions d'eau et bassins en alerte renforcée, juillet 2026
- Bordeaux Gazette, restrictions durcies et allégées en Gironde, septembre 2026
- La Semaine des Pyrénées, restrictions adaptées bassin par bassin en Gironde, septembre 2026
- Mairie de Laruscade, allègement des restrictions des usages de l'eau en Gironde, octobre 2026
- Préfecture de la Gironde, projet d'arrêté-cadre sécheresse soumis à consultation (piscines, dérogations, sanctions)
- Ministère de la Transition écologique, guide sécheresse 2026
- Service-public.fr, restrictions d'eau et VigiEau, juillet 2026
- FPP, dossier de presse Piscines 2025 (consommation d'eau, couvertures), mai 2025
- Guide Piscine, sécheresse et restrictions d'eau, conseils de la FPP aux professionnels, décembre 2024
- Réussir, départements sous restrictions d'eau en 2026, septembre 2026
Informations vérifiées le 20 octobre 2026. Les textes officiels font foi.
Prix du marché, attentes des clients, leviers pour avoir plus d'appels : retrouvez notre guide complet pour les piscinistes.